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Stéphanie Bélisle

Je m'appelle Stéphanie Bélisle, j'ai eu 21 ans il y a deux semaines et je souffre d'une forme d'arthrite assez bizarre. Ma rhumatologue est plutôt embêtée à chaque fois qu'elle me voit. Les prises de sang sont toujours normales. J'ai des bosses qui apparaissent aux joints, j'ai les mains et les pieds qui enflent et j'ai de petits nodules au bout des doigts. Présentement, je prends un cocktail de pilules assez intéressant et qui me fait du bien. Je prends du Vioxx, de la colchicine et de la dioxine. Wow!

Tout a commencé en 1996, lors de ma première compétition de danse sportive (communément appelé danse sociale). On était au mois de mars et à cette époque, j'avais 16 ans. Mes coudes me faisaient affreusement mal tout comme mes mains. Puis, la douleur s'est répandue au cours des mois dans les jambes, les pieds, les épaules et la mâchoire. J'ai dû arrêter la danse, même si lorsque je me retrouvais sur le plancher, toute la douleur disparaissait. À ce moment aussi, je montais très régulièrement à cheval et j'allais à l'école. Vous devez penser que c'était trop pour une fille de cet âge-là, pourtant, ce n'était pas grand chose si l'on compare mon cas aux autres adolescentes qui s'entraênent pour les Olympiques, par exemple. Enfin, lá n'est pas la question. J'avais tout simplement une faiblesse génétique et la suractivité a déclenché le tout. J'ai été pendant 4 ans à me promener d'un spécialiste à l'autre (orthopédie, médecine interne, médecine douce) jusqu'à ce que ma neurologue décide de m'envoyer consulter une des meilleures rhumatologues du Québec. C'était le deuxième spécialiste de cette branche que j'allais voir. Et elle s'est intéressée à mon cas, surtout au fait que ça vient et que ça repart, sans avertissement. Ce qui m'a réellement aidé est le fait qu'elle m'ait prescrit de << vrais >> anti-inflammatoires et non pas que des << Advil >>.

J'ai donc vécu 4 ans et demi à me torturer de douleur au moindre stress, à marcher péniblement, à faillir tomber au moindre déséquilibre. Toute une vie pour une fille comme moi qui met toujours une énergie folle dans tout ce qu'elle fait! Malgré les mains enflées et les jambes ankylosées, je n'ai jamais arrêté de monter à cheval. Déjà que j'avais dû abandonner la danse, me départir de mon cheval m'en demandait trop, émotionnellement parlant. Ma belle jument a été là pour tous les moments de dépression et d'angoisse que j'ai vécus. Et le suicide, j'y ai sérieusement pensé, j'ai même failli passer à l'acter. Pouvez-vous le croire? Moi, pas. Cependant, lorsque la douleur vous ronge et qu'à chaque mouvement les larmes montent aux yeux et qu'il faut continuellement s'adapter et compenser physiquement, il y a un instant où on veut tout lâcher. Le pire, je dirais, est la réaction des gens autour de soi. Il semblerait que, puisqu'ils ne voient pas de sang ou de bras coupé, ils ne peuvent comprendre la douleur qui nous brûle. Mon père n'en a jamais eu conscience. Cela m'a fait réellement de la peine. Il n'a jamais réalisé non plus que ma jument me supportait bien plus dans cette épreuve que lui. J'aime mon père et je pense que c'est son côté businessman qui ne m'a pas vu souffrir. J'ai ressenti que je pouvais compter sur ma mère et mes amis. Cela m'a fait beaucoup de bien.

Aujourd'hui, j'étudie à l'Université de Sherbrooke en génie chimique et je suis très heureuse. Ma santé se porte trés bien et mes douleurs ont diminué de plus de 80% en intensité. Je plane. Mes cours sont très intéressants et je suis dans ma branche. J'ai tranquillement repris mon rythme infernal, c'est-à-dire que je partage mon temps entre mes études, mon cheval, mes voyages Sherbrooke-Montréal et mes amis. Il faut dire que l'école que j'ai choisie y est pour beaucoup dans l'amélioration de ma santé. Le stress y est moins grand qu'à la Polytechnique de Montréal où j'avais fait mes débuts. Tant mieux pour moi!!

Finalement, j'espére que mon petit bonheur va continuer à me suivre et à me faire sourire autant. Je suis redevenue la bouffonne que j'étais et j'ai repris goût à la vie avec beaucoup de vigueur. Je vous souhaite à tous de trouver la façon de mettre un peu de bonheur dans votre vie et ce, à tous les jours.

Stéphanie Bélisle

 

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